Spectacle

À nos cris dans le néant rien ne répond

Au lieu de me défendre d’être athée, j’avoue sans honte que je le suis, et je prétends montrer que cela ne m’empêche pas d’être logique.

Évidemment, la foi est plus commode. Il est très difficile de se débrouiller au milieu du chaos des phénomènes, si l’on renonce à une synthèse adéquate à l’esprit humain, calquée dessus, faite à sa mesure. Mais, n’est pas croyant qui veut ! J’ai été obligé, ne pouvant être croyant, de faire de grands efforts pour me raconter les choses d’une manière convenable : j’y ai du moins pris beaucoup de plaisir, et cela n’est pas vain ; j’ai été payé de ma peine.

 

Extrait de Félix le Dantec, L’Athéisme.

 

Un spectacle à la découverte de 3 siècles de poésie athée.

La poésie athée, une poésie de combat

On retrouve dans la poésie athée un appel continu à la science et au savoir qui sont présentés comme les antagonistes de la foi. La poésie athée mène un combat d’idées qui vise à désaliéner l’humain et à le libérer des promesses fallacieuses de l’au-delà. C’est l’obscure sacristie contre le laboratoire, c’est la noire ignorance contre les sciences et les arts, la foi monstrueuse et stérile contre la raison. Cette poésie emprunte parfois au formalisme de la dissertation philosophique ou de la démonstration mathématique pour fournir des armes à la raison et au rationalisme : glaives ou boucliers qui tantôt parent un sophisme, tantôt donnent un coup d’estoc, de la pointe d’un vers, à telle ou telle idée. C’est donc animés par cet esprit de science, de raison et de lumière que ces poèmes s’opposent à l’obscurantisme obtus des religions, à l’ignorance aveugle et satisfaite des croyances et des dogmes. C’est ce même humanisme absolu que la contrainte formelle des vers fortifie, limpidise, aiguise tels un rasoir philosophique.

De Sade à Hugo, d’Ackermann à Richepin, de Bergerac à Baudelaire en passant par Leconte de Lisle, ce sont 3 siècles de littérature et de mouvements de pensée qui nourriront cette création. Création dans laquelle les passions les plus vives, les convictions les plus éperdues s’accouplent aux idées les plus radicales et déterminées, aux conceptions les plus lucides sur la condition humaine et donnent naissance à des vers vibrants, terribles, combatifs et résolument désespérés.

Et puisqu’à nos cris, dans le néant, rien ne répond, nos gerbes de panache seront nos seuls linceuls.

Subsides
Avec le soutien de l'Échevinat de la Culture de la Ville de Bruxelles, de la CFWB et de la Loterie Nationale.

Représentations à venir

jeudi 13 janvier 2022
Centre Culturel Bruegel
Bruxelles
vendredi 14 janvier 2022
Centre Culturel Bruegel
Bruxelles
samedi 15 janvier 2022
Centre Culturel Bruegel
Bruxelles

Représentations passées

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