SUR LE RYTHME SAPHIQUE


Prolonge la nuit, Déesse qui nous brûles !
Éloigne de nous l’aube aux sandales d’or.
Déjà, sur l’étang, les vertes libellules
Ont pris leur essor.

Tes cheveux, flambant sous l’ombre de tes voiles,
Atthis, ont gardé le feu rouge du jour,
Et le vin des fleurs et le vin des étoiles
M’enivrent d’amour.


Nous ne savons pas quelle aurore se lève
Là-bas, apportant l’inconnu dans ses mains…
Nous tremblons devant l’Avenir, notre rêve
Craint les lendemains.

Je vois la clarté sous mes paupières closes,
J’étreins vainement la douceur qui nous fuit.
Déesse à qui plaît la ruine des roses,
Prolonge la nuit.